CinemaniaRester ver­ti­cal,
voir le loup

Rester vertical

d’Alain Guiraudie

Alain Guiraudie est un cas dans le ciné­ma fran­çais. Depuis 2003, il réa­lise des films au ton très par­ti­cu­lier, en toute liber­té, en toute confi­den­tia­li­té aus­si, jusqu’au suc­cès rem­por­té par L’Inconnu du lac (2013). Un suc­cès sur­pre­nant pour un film très mys­té­rieux et tout en sen­so­ria­li­tés, film extrê­me­ment expli­cite éga­le­ment. Peut‐être était‐ce cer­tains codes du thril­ler, uti­li­sés de manière plus clas­sique, qui avaient appri­voi­sé les spec­ta­teurs en leur don­nant les clefs de l’univers de Guiraudie? Toujours facé­tieux, le réa­li­sa­teur n’allait tout de même pas édul­co­rer son ciné­ma et virer grand public! Si vous en dou­tiez, son der­nier film Rester ver­ti­cal vous le confir­me­ra.

Présenté en com­pé­ti­tion offi­cielle au der­nier Festival de Cannes, Rester ver­ti­cal est pro­duit par Sylvie Pialat, ce qui n’est pas rien, et qui veut dire beau­coup. Son récit? Celui de Léo, cinéaste en panne d’inspiration, qui n’a plus rien ni per­sonne. Sur un causse en Lozère, il sur­git dans la vie d’une ber­gère blonde et lui fait un enfant. Mais celle‐ci ne sup­porte pas les pleurs du bébé et dis­pa­raît. Seul et à la ramasse, Léo va décou­vrir la pater­ni­té, entre embar­ras et ravis­se­ment. Il va aus­si ren­con­trer un tas de per­son­nages aux mines pati­bu­laires, nouer quelques rela­tions homo­sexuelles (on est chez Guiraudie, quand même), deve­nir sans‐abri, et peut‐être même ren­con­trer le loup, celui qui obsé­dait tant sa ber­gère.

Décalé, par­fois oni­rique, Rester ver­ti­cal à la fois un road movie, un conte pica­resque et un film social où le sexe, tou­jours fil­mé de manière très crue, sur­git de manière inopi­née. C’est intri­gant, par­fois dur à regar­der, tou­jours très ori­gi­nal et auda­cieux. On peut inter­pré­ter le titre du film comme un mani­feste : res­ter ver­ti­cal, c’est faire preuve de résis­tance. Face au monde, aux conven­tions, à la fata­li­té? Comme le dit l’un des per­son­nages du film, « Tant qu’on reste debout, on n’a rien à craindre. Il faut qu’on reste bien droit ».

Rester ver­ti­cal sera pré­sen­té dans le cadre de Cinemania demain, jeu­di le 10 novembre, à 19h au Cinéma du Parc.

 

Zoé Protat
9 novembre 2016

Commentaires

com­men­taires